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Histoire - Notre mémoire

Vendredi 24 janvier 2014 5 24 /01 /Jan /2014 17:29

Disparition d’Odette Laurain, figure de la Résistance dans le 15ème arrondissement

Nous apprenons avec une grande tristesse le décès de notre amie Odette Laurain.

Avec notamment son époux Jean Laurain, avec Alcide Morel, aux côtés des résistants communistes et de ceux de toute obédience, Odette Laurain était une figure de la Résistance dans le 15ème, dont la modestie ne pouvait faire oublier l’engagement. La discrétion de ses obsèques ce jour aura correspondu à sa personnalité.

Elle était titulaire de la Croix du Combattant et de la Croix du combattant volontaire de la Résistance.

Jusqu’au bout de ses forces, elle a continué à militer et à témoigner pour la mémoire des combats et des idéaux de la Résistance, partagés dans l’unité par ses acteurs.

En 2005, Odette Laurain s’associait à l’appel des anciens déportés et résistants contre la constitution de l’UE du capital, lancé par nos camarades communistes du 15ème, pour le droit du peuple français à disposer de lui-même.

Emile Torner, ancien déporté résistant, président de l’ADIRP de Paris, Henri Derrien ancien secrétaire d’arrondissement du PCF Paris 15, ancien conseiller de Paris, Emmanuel Dang Tran, secrétaire de la section du PCF Paris 15, membre du Conseil national du PCF, expriment, au nom de tous les camarades de la section, leur condoléances attristées à la famille d’Odette, à son cousin, à l’Association nationale des anciens combattants de la Résistance (ANACR), dont elle était présidente dans le 15ème.

Résister, c’est exister !  

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Lundi 11 novembre 2013 1 11 /11 /Nov /2013 21:32

1914-2014. Cent ans après, Hollande, nouveau sergent recruteur de l’ « Union sacrée » derrière les intérêts du capitalisme.

EDT pour Vivelepcf, 11 novembre 2013

131111_Hollande_1918.jpg

Qu’est-ce qu’il y a de plus atroce et révoltant dans le discours de François Hollande ouvrant le 7 novembre un an de commémoration du centenaire du début de la Grande guerre ?

Peut-être ce passage où Hollande salue « l’engagement » des 430.000 soldats coloniaux et estime leur rendre la pareille, « honorer une dette d’honneur », « en ce moment même au Mali ». La continuité fait froid dans le dos. En 1914, l’impérialisme français était allé chercher de la chair à canon dans les pays qu’il avait envahis et qu’il exploitait. En 2013, il envoie ses troupes chez eux garantir la poursuite du pillage de leurs ressources énergétiques (un moment menacé par les conséquences de sa propre guerre en Libye).

Dans sa conception de « l’Union sacrée » – même s’il prend garde à ne pas utiliser l’expression – Hollande trouve une place pour tout le monde. On ne s’étonne pas que Jean-François Copé se soit enthousiasmé pour son discours.

Dans son amalgame – utilisons ce mot -, Hollande recrute rétrospectivement et très large.

Rassembleur sans limite, il embrigade même Jaurès, affirmant : « En juillet 1914, il y avait ceux « qui, comme Jaurès, dénonçaient la funeste mécanique des alliances et les méfaits de l’impérialisme. « Mais, reconnaissons-le comme un fait, lorsque la mobilisation générale fut proclamée, il n’y plus qu’un seul pays, une seule nation, une seule armée ». Qu’aurait fait Jaurès ? Aurait-il suivi l’immense majorité des dirigeants socio-démocrates comme Guesde ou Blum dans la machine de guerre « républicaine », dans la trahison de la résolution de la conférence de la 2ème Internationale de Bâle en 1912 ? Peut-être, de par le caractère idéaliste de son pacifisme. Mais ceux qui ont commandité son assassinat le 31 juillet 1914, puis qui acquittèrent son assassin, ne le pensaient pas ainsi !

Hollande admire cette 3ème République qui « se révéla plus forte que les Empires centraux » … dans la défense de son impérialisme. Il célèbre Clémenceau qui a continué à faire fonctionner le Parlement. Cet éloge de la démocratie bourgeoise plaira sans aucun doute à Jean-Luc Mélenchon qui fait de Clémenceau pendant l’Union sacrée un modèle de sa conception parlementariste de la 6ème république (en lien: Le modèle de 6ème république? L’Union sacrée de 14-18!). 

Hollande réincorpore également les Fusillés pour l’exemple : « Vaincus par l’angoisse, l’épuisement … , certains furent condamnés de façon arbitraire et passés par les armes ». Il ordonne qu’un panneau leur soit consacré au musée des Invalides… Après Jospin et Sarkozy, il veut les fusiller une deuxième fois !

Ils n’ont pas été exécutés parce qu’il combattait la mal-bouffe dans les tranchées ! Ils ont été tués, oui « pour l’exemple », oui souvent au hasard, parce qu’ils exprimaient le rejet massif des atrocités d’une guerre par les soldats qui en avaient assez de subir pour des intérêts qui ne les concernaient pas, qui allaient peut-être s’organiser pour le dire, qui étaient peut-être prêts à fraterniser avec les poilus de la tranchée adverse. Ils les ont été fusillés parce qu’en Russie notamment, une autre perspective de fin de guerre, naissait des révolutions de 1917 et que la République française redoutait la contagion.

Plutôt aucune reconnaissance « républicaine » que cette récupération historique !

Hollande, dans la suite de tous ses prédécesseurs depuis les années 20, flatte la mémoire des Poilus pour mieux la trahir.

Non, ils ne se sont pas engagés pour l’immense majorité, ils ont été appelés, encadrés, conduits au casse-pipe par un appareil d’Etat au service d’un système économique, soûlés à la gnôle pour aller à la mort. C’est insulter les uns et les autres que de mettre sur le même plan les conscrits de la 1ère guerre mondiale et les résistants de la 2ème comme le fait Hollande. Il faut se souvenir des souffrances, honorer le martyre, le courage des combattants de la 1ère guerre mondiale mais ne jamais oublier qu’ils sont morts pour des objectifs de guerre qui n’avaient rien à voir avec l’intérêt des peuples.

Passons sur les phrases de Hollande qui semblent obligées maintenant dans chaque discours mémoriel pour mentionner De Gaulle ou pour rappeler la « Shoah » et les « Justes » tels que l’Etat d’Israël les reconnaît. Sans commentaires ici, hors sujet !

Hollande recrute rétrospectivement pour mieux recruter aujourd’hui ! Là encore, il n’oublie personne. Dire que nous en avons pour plus d’un an de cette propagande !

L’éducation nationale et l’Université vont être mobilisées. Gageons que les professeurs sauront manifester une certaine indépendance à l’égard de l’idéologie dominante ! Hollande assure des moyens directs à cette dernière, de façon très inquiétante. « Les partenaires publics, mais aussi privés, les grandes entreprises ont également choisi de soutenir les initiatives etc. ». Les marchands de canons d’aujourd’hui vont défendre la mémoire des marchands de canons d’hier ! Toujours avec la bénédiction de la République !

Hollande annonce un effort particulier pour intégrer chaque famille à sa propagande mémorielle. Presque tous les Français ont au moins un père, un grand-père, un arrière-grand-père qui a participé à la grande boucherie. « Les registres matriculaires des 8 millions de soldats français seront mis en ligne » pour « construire un pont entre ces histoires personnelles et l’histoire nationale ». Après celle de leurs aïeux, la mobilisation générale des descendants pour mieux les intégrer dans la version officielle de l’histoire !

Hollande voit aussi au-delà des frontières. Il promet le défilé sous l’Arc de triomphe de militaires de 72 pays ayant participé à la première guerre mondiale avec une place d’honneur à l’Allemagne… Commémorer la guerre par les armes ! La venue du très controversé président de la République fédérale allemande, Joachim Gauck, défenseur de la mémoire de ses parents nazis et de celle de son père criminel de guerre, nostalgique de la grande Allemagne est annoncée à nouveau.

Pour rester les mêmes sur le fond, les buts de guerre de l’impérialisme français et de son porte-parole du moment ont changé dans la forme. La mobilisation générale à laquelle appelle François Hollande en 2013 vise d’abord et avant tout à renforcer l’Union européenne du capital.

En 2013, les impérialismes européens, affaiblis relativement depuis 1914 – se complètent plus qu’ils ne se combattent – même s’ils se combattent encore, parfois férocement. L’Union européenne est leur instrument collectif pour écraser les acquis sociaux et démocratiques de leur propre peuple comme pour prétendre à des parts de marchés dans la domination du monde.

Tout le souvenir de 14/18 doit aller légitimer cette Europe récriée de plus en plus fortement par les peuples. L’UE, ce serait la paix, l’union des peuples. Les peuples de l’ex-Yougoslavie, unifiée dans la douleur après la 1ère guerre mondiale, en ont fait à nouveau la triste expérience avec l’UE, deuxième bras armé de l’OTAN. Mettre en concurrence les travailleurs de chaque pays, avec l’euro, attiser la xénophobie : oui l’UE de 2013 est bien la fidèle héritière des puissances de 1914 !

Hollande a précisé sa pensée. La mobilisation générale à laquelle il appelle pour l’UE, en mémoire de 1914, a un sens pour la France : « Réformer, réunir, réussir », la politique de casse sociale et économique qu’il poursuit dans l’intérêt des puissances d’argent.

En appeler aux mânes des morts de 14/18 pour justifier sa politique d’austérité, celle de Sarkozy, il fallait le faire. Ce discours lamentable et effrayant l’ose.

Son état d’esprit, celui de Hollande, mais surtout celui de ceux qui l’ont commandité, fait peur. La continuité est effrayante dans le capitalisme de 1914 et de 2013. La hiérarchie des puissances a changé mais le péril demeure, celui de la guerre localisée ou globale, celui que le capitalisme porte comme « la nuée porte l’orage ».

Aussi de 14/18, nous devons inviter à se souvenir des souffrances et de la cruauté inouïes endurées par les combattants et les populations.

Nous devons inviter à réfléchir, encore et toujours, à pourquoi cette guerre ne fut pas « la der des ders », à identifier ses causes.

Le constat et l’analyse de nature inter-impérialiste de cette guerre, de la faillite de la social-démocratie et de ses responsabilités ont été établis.

Du rejet de la guerre impérialiste, du rejet de la trahison social-démocrate sont nés les partis communistes dont le Parti communiste français, se détachant de la collaboration avec le système des socio-démocrates.

Communistes d’aujourd’hui, cet aspect reste fondamental dans notre engagement, pour la justice sociale, pour la paix, pour le socialisme.

A contre-courant de l’idéologie déployée par M. Hollande, nous ne cesserons dans l’année qui vient de rappeler tout cela.

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Vendredi 25 octobre 2013 5 25 /10 /Oct /2013 15:10

HOMMAGE À HUYNH KHUONG AN dit LUISNE - 07/04/1912  -  22/10/1941

 

131025 Huynh HOMMAGE À HUYNH KHUONG AN  

Samedi 26 octobre 2013, Paris, cimetière du Père Lachaise

A l’initiative de l’Association des Vietnamiens du Val-de-Marne et de l’Association Amitiés franco-vietnamiennes du Val-de-Marne. 

 

Intervention d’Emmanuel Dang Tran, membre du Conseil national du PCF


Mesdames, Messieurs,

Je m’exprime aujourd’hui en tant que membre du Conseil national du Parti communiste français. Les conditions de préparation de la cérémonie n’ont pas permis d’écrire un message officiel. Mais, en une telle occasion, je sais pouvoir parler au nom de l’ensemble de la direction du PCF et des communistes.

Je tiens d’abord à adresser nos meilleures salutations aux représentants de l’Ambassade du Vietnam et du Parti communiste Vietnamien.

Je tiens aussi à adresser nos remerciements aux associations qui sont à l’origine de cette très heureuse initiative.

Nous commémorons cette semaine le 72ème anniversaire de l’assassinat par les nazis de 27 communistes, de 27 patriotes le 22 octobre 1941 à Châteaubriant.

La mémoire de ce martyre allait immédiatement devenir un symbole, un ferment pour le développement de la Résistance à l’occupant et à ses collaborateurs.

Guy Môcquet, Jean-Pierre Timbaud, Charles Michels et les autres, continuent d’alimenter l’histoire vivante du mouvement émancipateur de notre pays.

Parmi eux, dans le camp, parmi les martyrs, figurait un communiste, conséquent, courageux, comme les autres. Il avait une spécificité, celle d’être Vietnamien, Indochinois comme on disait alors improprement, Annamite comme il est écrit, également improprement, sur cette plaque même.

Huynh Kuong An était né à Saïgon en 1912. Il avait été envoyé tôt poursuivre ses études en France, jeune mais déjà imprégné par sa famille du sentiment patriotique et anticolonialiste.

Naturellement en France, il rejoint le Parti de la classe ouvrière, celui de l’anticolonialisme, le PCF.  Ses camarades lui confèrent rapidement des responsabilités. En 1936, il est devient secrétaire de l’Union des étudiants communistes, l’UEC, à Lyon. Il organise entre autres les contacts et la fraternisation avec les ouvriers, notamment des usines Berliet.

Après 1939, après le début de l’Occupation, il participe activement au maintien et à la reconstitution de l’organisation communiste, contre le capital français collaborationniste, contre l’occupant. Il s’attache notamment au maintien du contact avec l’Union soviétique. En 1940, il est nommé professeur à Versailles.

Il est arrêté en mars 1941, peu après sa compagne Germaine Barjon, qui a survécu au camp de concentration de Ravenbrück, et à qui il a adressé sa dernière lettre, très émouvante.

Il est assassiné par les nazis avec ses 26 camarades le 21 octobre 1941.

Au même moment, les communistes vietnamiens, guidés par Hô Chi Minh, affrontent les fascistes japonais, avec lesquels les colonialistes français ont cru pouvoir collaborer.

L’action et le sacrifice de Huynh Khuong An préfigurent l’engagement de nombreux hommes et femmes issus de l’immigration dans la Résistance, la constitution par les communistes des FTP-MOI.  

Le même choix de la cause des travailleurs, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes allaient alimenter, réciproquement, l’engagement des communistes français contre la guerre d’Indochine, certains, dans les pires conditions, au Vietnam même.

En ces temps où, plus que jamais, les exploiteurs s’efforcent d’opposer, de mettre en concurrence les travailleurs suivant leurs origines, des exemples que celui de Huynh Khuong An sont importants à honorer.

Avec Khuong Huynh An, nous célébrons le meilleur de l’amitié franco-vietnamienne.   Nous célébrons un des plus beaux exemples de la communauté d’idéal et de lutte entre les communistes français et les communistes vietnamiens. Indissociable de celle de ses camarades de martyre, nous célébrons une figure héroïque de l’internationalisme prolétarien, qui, avec eux, s’abattit sans haine en lui pour le peuple allemand.

 

 

Ci-dessous, en photo, les derniers mots écrits par Khuong Huynh An sur les une palissade des baraquements du camp de Châteaubriant et le texte de sa dernière lettre à son épouse.

 

  131025 plaque Huynh


DERNIERE LETTRE DE KHUONG HUYNH A SA COMPAGNE GERMAINE BARJON

 

Camp de Choisel ce mercredi 22 octobre 1941 à 14 heures

 

Ma chère Germaine,

Sois courageuse, ma chérie. C'est sans aucun doute la dernière fois que

je t'écris.

Aujourd'hui, j'aurai vécu. Nous sommes enfermés provisoirement dans une baraque non habitée, une vingtaine de camarades, prêts à mourir avec courage et avec dignité. Tu n'auras pas honte de moi. Il te faudra beaucoup de courage pour vivre, plus qu'il n'en faut à moi pour mourir. Mais il te faut absolument vivre.

Car il y a notre chéri, notre petit, que tu embrasseras bien fort quand tu le reverras. Il te faudra maintenant vivre de mon souvenir, de nos heureux souvenirs, des cinq années de bonheur que nous avons vécues ensemble.

Adieu, ma chérie.

Mes baisers

Mes dernières caresses.

À tes parents mes affectueux baisers.

Huynh Khuong An

EN LIEN :

NOTRE HOMMAGE A CHARLES MICHELS

NOTRE HOMMAGE A GUY MOCQUET

Par PCF - Section Paris 15ème - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 22 octobre 2013 2 22 /10 /Oct /2013 01:20

Le 22 octobre 1941, CHARLES MICHELS, député communiste du 15ème, était exécuté avec 26 de ses camarades par l'occupant allemand à Chateaubriant, dont Guy Môcquet. 

Nous reproduisons ci-dessous le témoignage, magnifique hommage, de notre camarade Jean Roger (1911 - 1989), dirigeant du PCF Paris 15ème, ancien conseiller de Paris communiste et ancien résistant et déporté lui-même, publié en 1962 dans les "Nouvelles du 15ème", alors notre journal local.


 

 

 

22 octobre 1941 : Jean Roger perd un grand ami et vingt-six camarades ! Jean Roger, ancien ouvrier chez SAUTER-HARLE, (conseillé municipal à et conseiller général de la Seine de 1953 à 1965) a connu Charles Michels, avant la guerre de 1939.


CHARLES MICHELS, mon ami (par Jean Roger)

Le 22 octobre 1941, revenant d’un rendez-vous clandestin dans le 14ème, un titre frappe mes yeux dans un journal « collabo » : 27 fusillés en réponse à l’exécution à Nantes, d’un officier allemand . Le cœur se serre à cette annonce mais lecture faite, c’est la stupeur, la douleur qui m’étreignent : Charles Michels, Jean-Pierre Timbaud… les autres… Mes camarades, mes copains, mes amis… Bien des morts ont jalonné le combat de la résistance à l’oppression, bien des noms, des visages ont disparu ; bien des vides enregistrés au retour de déportation. Mais Charles Michels, Jean-Pierre Timbaud, cela a été et reste un grand, un immense vide.

Pour gagner les quelques sous dont la maman avait besoin

Dans quelques jours 21 ans auront passé depuis l’exécution. Je revois la silhouette vigoureuse, athlétique de Charles, sa chevelure blonde ondulée, son sourire, son regard un peu de biais qui lui laissait une légère ride sur le côté gauche de l’œil, son faciès de boxeur qui était le résultat de combats qu’il avait livrés, tout gosse, pour gagner quelques francs qui devaient aider la maman à nourrir ses frères et sœurs à la maison. Quand on plaisantait sur son nez écrasé, Charles, bonhomme, disait : « qu’est ce qu’il ne faut pas faire pour gagner sa vie » et partait de son franc éclat de rire. Oui, qu’est ce qu’il ne t’a pas fallu faire pour gagner le pain de la famille, mon cher Charles, et combien cette boutade montrait ta sensibilité à l’égard des tiens, de ta mère dont tu parlais toujours avec émotion et respect.

Un élu communiste 

Cette sensibilité, cet amour du prochain animait Charles Michels dans tous ses actes de parlementaire. Quand le dimanche matin il était libre, on le voyait dans le 15ème arrondissement, arpentant les rues, discutant, expliquant. Combien de fois, ensemble avons-nous parcouru la rue du Commerce de la Motte-Piquet à l’église de Grenelle. C’était une véritable équipée. A peine avions-nous fait quelques mètres dans la rue que les gens du quartier avaient repéré la silhouette sanglée dans la gabardine bleue de Charles. On se passait le mot : le député est là, on venait à lui, on l’interpellait du seuil des boutiques. C’était un renseignement, une explication, une démarche à demander ; sans se départir de son sourire, Charles Michels leur expliquait, conseillait, enregistrait sur un petit calepin qu’il avait toujours sur lui. Doué d’une grande mémoire, quand il reconnaissait quelqu’un pour lequel il était intervenu, il s’enquerrait des suites données à la requête dont on l’avait chargé, si la réponse avait tardé il disait : « Bon, on va recommencer, il faut secouer la poussière des bureaux ». Combien il était heureux d’obtenir quelque chose pour tous ces simples gens de l’arrondissement, comme il se sentait responsable devant eux !

Sans t’en douter, Charles, et sans que je m’en doute moi-même à l’époque, quelles leçons tu m’as données sur le rôle d’un élu communiste.Si Charles Michels aimait les humbles, les travailleurs, les petites gens, ceux-ci le lui rendaient bien. Pas un compte-rendu de mandat fait par lui sans que les gens s’y pressent nombreux. Rue Saint- Charles, place du Commerce, rue Fondary, les préaux étaient toujours pleins, du monde dans les couloirs, dans la cour. Charles avait une façon bien à lui de capter son auditoire. Il rendait simples les problèmes les plus compliqués par un langage direct, sans emphase, accessible à tous. Gamin de Paris, il avait le parler primesautier, gentil, moqueur mais jamais vulgaire, où les images ironiques, savoureuses faisaient rire aux larmes l’auditoire toujours captivé. La réunion terminée, les consultations commençaient. On venait à lui pour pousser une discussion soulevée, ou bien pour un cas personnel que le compte-rendu du député avait enhardi à lui poser, Charles Michels sortait son fameux calepin et prenait note. Quelle tendresse dans sa voix quand timide, une personne âgée venait à lui : « Alors, grand-mère, qu’y a-t-il pour votre service ? ». A nous qui lui disions, « Tu n’es pas fatigué », il répondait en riant : « Si, mais qu’est ce que ça fait, c’est mon travail ! ».

 

La bataille pour la classe ouvrière, pour le pays

Que de souvenirs à évoquer concernant Charles Michels. Il faudrait des colonnes pour le faire. Il y eut, en octobre 1936, la grève des « gourmets » où la police assiégeant et attaquant les locaux de la rue Violet, Charles Michels accompagnait les blessés, - il était blessé lui-même d’ailleurs – à l’usine métallurgique voisine de Sauter-Harlé. Nous (je dis cela parce qu’alors j’étais chez Sauter-Harlé) étions aussi en grève. Ensemble le lendemain nous partions en délégation auprès du ministère de l’intérieur, Roger Salengro, pour protester contre les brutalités policières.

Il y eut après Munich la manifestation partant du Patronage Laïque, parcourant la rue du Commerce, la Motte-Piquet, l’avenue Charles Floquet et se rendant, après plusieurs heures avec la foule à l’Ambassade Tchécoslovaque, Charles Michels, Jean-Pierre Timbaud en tête. Notre dernière discussion eut lieu le soir de la saisie de « l’Humanité » et de « Ce Soir » après le pacte de non-agression germano-soviétique, en août 1939. Longtemps, à quelques-uns nous parcourions la rue de Vaugirard, discutant tout comme si nous ne pouvions nous résoudre à la séparation. Je me rappelle les dernières paroles de Charles, me serrant la main, : « Ne t’en fais pas ça sera dur, mais on les aura ! ».

Oui, Charles on « les » a eus, et pour cela, tu as donné ta vie. Mais le combat n’est pas fini. Va, Charles Michels, tu as pour ceux de ma génération, ceux plus âgés, l’exemple qui nous inspire ; pour les jeunes qui ne t’ont pas connu, tu seras aussi l’exemple car nous nous devons de leur expliquer ce que tu étais : un ouvrier, un homme dans toute l’acception du terme, un Français, un ami.

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Jeudi 17 octobre 2013 4 17 /10 /Oct /2013 10:43

A l'appel de nombreuses organisations dont le PCF, un rassemblement se tiendra, jeudi 17 octobre 2013, à 18h00 au Pont Saint-Michel en mémoire des victimes

 

Il y a 52 ans, le massacre du 17 octobre 1961

L’Etat impérialiste a recours au crime raciste: souvenons-nous-en et opposons-lui l’unité des travailleurs !

PCF Paris 15/Vivelepcf, 17 ocotobre 2013
 

111017 ici on noie les algériens Le 17 octobre 1961, dans les derniers mois de la guerre d’Algérie, 30.000 travailleurs algériens manifestent pacifiquement à Paris.

 

Le Front de libération nationale, le FLN, a organisé cette mobilisation pour dénoncer le couvre-feu raciste instauré à l’encontre des Algériens vivant en région parisienne, pourtant officiellement considérés comme citoyens français par l’Etat colonial.

La manifestation est réprimée avec une violence inouïe. La police frappe, tabasse, roue de coups, tire. Elle jette des centaines de manifestants dans la Seine pour qu’ils se noient. Des milliers sont arrêtés, battus, sinon torturés plusieurs jours durant dans des centres de rétention. Selon les historiens, il y aurait eu entre 100 et 300 morts.

Le déchaînement policier a été minutieusement organisé. Il est directement le résultat de consignes précises de l’autorité, du préfet de police Maurice Papon, celui-là même qui, en tant que secrétaire général de la préfecture de la Gironde, aida à déporter les juifs de Bordeaux sous l’Occupation. 

Les crimes des policiers du 17 octobre 1961 seront tous couverts. Les faits seront et sont encore étouffés aujourd’hui officiellement.

Il ne s’agit de rien d’autre que d’un crime d’Etat, d’un crime de l’Etat impérialiste français, alors dirigé par de Gaulle.

Fin 1961, l’indépendance prochaine de l’Algérie ne fait plus de doutes. Mais, l’impérialisme français entend préserver les intérêts des compagnies françaises, son accès aux ressources naturelles, au pétrole, malgré la décolonisation.

La guerre et la répression continuent afin de peser sur les négociations, en Algérie mais aussi en France.

Le capitalisme français entend aussi continuer à exploiter au maximum les travailleurs immigrés algériens sur le sol français et ne peut supporter leur révolte et leur organisation.

Le racisme est intrinsèque au colonialisme, au capitalisme, à l’impérialisme.

Ceux qui les combattent leur opposent l’unité des travailleurs.

Adversaires les plus constants et résolus du colonialisme, le PCF et la CGT, avec quelques rares autres, ont organisé l’intervention des travailleurs français pour la paix en Algérie.

Après le 17 octobre 1961, ils appellent à des manifestations de solidarités. Le film clandestin qui reconstitue le drame du 17 octobre est diffusé par des cellules du Parti, des cercles de la JC.

Alors que les crimes des jusqu’au-boutistes de l’Algérie française, les fascistes de l’OAS, se multiplient des deux côtés de la Méditerranée, la mobilisation s’amplifie.

Le 8 février 1962, la répression, organisée par le même préfet Papon, massacre 9 manifestants cégétistes dont 8 communistes au métro Charonne.

Les mémoires de ces deux tragédies sont liées.  

Exigeons plus que jamais toute la vérité sur Charonne, toute la vérité sur le 17 octobre 1961 que les autorités continuent occulter !

Plus que jamais, 52 ans après, rendons hommage aux martyrs du 17 octobre 1961 et à ceux du 8 février 1962 qui luttèrent côte-à-côte jusqu’à la mort pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

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Dimanche 25 août 2013 7 25 /08 /Août /2013 17:16

69ème anniversaire de la Libération de Paris

pcf paris 15, 25 août 2013

Des camarades de notre section du PCF prennent part à différentes initiatives organisées à l’occasion du 69ème anniversaire de la Libération de Paris le 25 août 1944, organisées par la Mairie de Paris, la Mairie du 15ème (le 26) également dans certaines entreprises.

Dans ces temps chargés de menaces, cette commémoration s’impose plus que jamais.

Il faut encore et toujours rendre hommage au combat et au sacrifice de ceux qui ont libéré la capitale de la France.

130825_plaque_liberation.jpg Notre arrondissement a payé un lourd tribut. 32 combattants, avec ou sans uniforme, appartenant à différents groupes de résistance sont tombés sur les barricades et les rues du 15ème arrondissement en ces jours d’août 1944.

Ils ont rejoint dans la mort des centaines de résistants, déportés, fusillés, combattants du 15ème, parmi lesquels les communistes Charles Michels, Georges Pitard, Antoine Hajje… ou les cinq martyrs du lycée Buffon.

Ne l’oublions pas !

La liberté, la paix, l’indépendance nationale ont animé le combat qu’ils ont payé de leur vie, un combat aussi courageux que responsable.

L’insurrection nationale des Forces françaises de l’intérieur, l’action des Forces françaises libres ont contribué à sortir notre pays de 4 ans de nuit nazie, de souffrances, de guerre.

Elles ont aussi joué un rôle décisif pour que notre peuple recouvre pleinement sa souveraineté, participant en tant que tel à la libération du pays, s’imposant vis-à-vis des alliées.

L’insurrection nationale a préservé les possibilités d’une France indépendante. Elle a été la victoire des masses populaires, armées ou non armées, contrastant avec l’attitude des « grandes féodalités économiques et financières », des capitalistes compromis dans la faillite nationale et la collaboration.

Aboutissement de la Résistance, l’insurrection libératrice est décisive dans les conquêtes sociales et démocratiques, sans précédent, des années d’après-guerre, avec l’application d’une partie du programme du Conseil national de la Résistance.

De façon incontestable, le Parti communiste fut l’élément décisif de cette bataille militaire et politique et de ses résultats. Dès juillet 1940, l’appel de Maurice Thorez et de Jacques Duclos affirmait « Jamais un grand peuple comme le nôtre ne sera un peuple d’esclaves ».

Les « féodalités financières » ont reculé mais n’ont jamais accepté les concessions de la Libération au peuple travailleur.

69 ans plus tard, de manière extrêmement préoccupante, la Sécurité sociale, les grands services publics, les acquis de la Libération sont remis en cause dans leur fondement.

Dans le même temps, la souveraineté nationale est de plus en plus confisquée au profit de structures capitalistes supranationales qui pilotent les politiques antipopulaires.

Dans le même temps encore, ceux qui sabotent ou laissent faire ce saccage, déploient un discours de haine et de xénophobie qui ne peut que rappeler, toutes proportions gardées pour l’instant, les discours des années 30 et 40.

L’Histoire nous enseigne que cette coïncidence n’est pas fortuite. Inlassablement faisons la connaître !

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Mercredi 7 août 2013 3 07 /08 /Août /2013 02:20

Lecture recommandée : « Les Parisiens en Résistance, Paris 13ème », par Serge Boucheny

 

Pcf Paris 15, 6 août 2013

 

130807_Boucheny.png On peut remercier notre camarade Serge Boucheny pour le travail considérable, de recherche et de synthèse, qu’il a effectué sur la résistance, sur les résistants du 13ème arrondissement.

Il n’était pas le plus mal placé pour cela. Apprenti à Gnome-et-Rhône après la guerre puis ouvrier à la SNECMA-Kellerman, très tôt militant et responsable du PCF dans l’arrondissement, il a côtoyé beaucoup de ces héros discrets qui font l’objet de son livre. Il a été aussi ensuite député de l’arrondissement en 1967/68, puis sénateur de Paris.

« Les Parisiens en Résistance – Paris 13ème » retrace la trajectoire de dizaines de résistants des quartiers et des entreprises de cet arrondissement de Paris alors à la fois l’un des plus industriels et des plus populeux.

Cette résistance urbaine est le reflet de l’histoire nationale et internationale, des débuts de l’Occupation à la Libération de Paris en passant, entre autres, par les répercussions de la victoire de Stalingrad. Elle est aussi une partie de cette histoire.

A travers des témoignages, des documents d’époque, des extraits d’archives, avec leur recoupement, Boucheny fait voir l’organisation quotidienne de la Résistance.

Ces résistants qu’il décrit sont d’abord des militants responsables, qui agissent de façon conséquente et organisée dans les conditions du 13ème, avant d’être ces héros dont tant seront arrêtés, torturés, déportés, assassinés et dont on honore à juste titre le martyre.

La lutte patriotique n’est jamais coupée des revendications immédiates. Tout acte est pesé, d’une simple prise de position avec des collègues, à la diffusion d’un tract, d’un journal, de l’Humanité clandestine, au sabotage, à l’action armée. Des initiatives audacieuses, comme la manifestation du 14 juillet 1942 devant le « Monument aux mères françaises », boulevard Kellermann, se jouent des contradictions du régime de collaboration.

Le livre décrit l’action de tous, quelles que soient leurs appartenance et motivation idéologiques dans la lutte de libération. Dans le 13ème, l’élément communiste est largement prépondérant. L’organisation communiste dans les entreprises, avec le syndicat, son maillage dans les quartiers, y structurent la résistance.

L’étude des formes d’organisation et d’action, entreprise par entreprise, constitue l’un des aspects les plus intéressants du livre. Les organisations ouvrières n’y sont pas implantées de la même façon. L’intégration dans l’économie d’occupation et de collaboration n’est pas la même. Chez Panhard (éléments de blindés) et Gnome-et-Rhône (moteurs d’avion - nationalisé après la Libération), les patrons et actionnaires s’enrichissent directement en fournissant l’appareil de guerre allemand. On apprend que l’écrivain Claudel, actionnaire de G-et-R aura touché 200.000 francs par an de dividendes pendant l’occupation, 16 fois le salaire moyen ouvrier… La SNCF joue un rôle unique. Les cheminots de la Gare d’Austerlitz ou des ateliers de Masséna participent nombreux et activement à la bataille du rail, par exemple avec la grève du 11 novembre 1943. A l’AOIP, Association ouvrière en instruments de précision, le corporatisme de coopérative, une « SCOP », porte ses dirigeants vers l’esprit du gouvernement de Vichy. L’ouvrage relate aussi la résistance à la TCRP (futur RATP), aux PTT, à la Pitié-Salpêtrière, chez les automobiles Delahaye…

Serge Boucheny rend aux noms, méconnus ou oubliés, que portent les multiples plaques apposées sur les murs du 13ème, les raisons de rendre hommage à leur engagement collectif, à leur sacrifice. Bien au-delà du 13ème !

En août 1944, 60 barricades sont érigées dans le 13ème. Le 22 août, l’arrondissement est libéré, trois jours avant l’ensemble de la capitale.  

 

« Les Parisiens en Résistance – Paris 13 » est en vente militante à la section du PCF Paris 15ème. 20 euros + 4,15 euros de port (le livre pèse 800 g). Chèques à l’ordre de « Cahiers communistes », à renvoyer 130 rue Castagnary, 75015 PARIS.  

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Dimanche 21 juillet 2013 7 21 /07 /Juil /2013 18:43

Hommage à Henri Alleg

EDT pour Pcf Paris 15, 20 juillet 2013

Henri Alleg est mort le 17 juillet 2013, à la veille de ses 92 ans.

Jusqu’il y a à peine un an, avant qu’un accident de santé le freine, Henri restait un infatigable militant communiste. Pour beaucoup, dont remarquablement de nombreux jeunes, Henri constituait un repère, un référent, notamment dans les débats secouant le PCF et le mouvement communiste français.

Toujours disponible, toujours guidé par le marxisme-léninisme, toujours subtilement attentif à l’état des luttes et aux conditions du rassemblement, Henri a été jusqu’au bout un précieux conseil, un acteur entier du maintien et du renforcement d’un parti communiste authentique en France.

130721_alleg_constantine.png Sa mort invite à revisiter l’ensemble de son œuvre militante communiste, internationaliste, dont une part essentielle s’est déroulée en Algérie. Déjà la parution de ses « Mémoires algériennes » avait été l’occasion d’échanges passionnants.

Le nom d’Henri Alleg est lié à « la Question », ce témoignage implacable, au retentissement mondial, contre la torture pratiquée par la puissance impérialiste française.

Elle lui vaut aujourd’hui l’hommage d’héritiers directs des forces politiques qui défendirent le colonialisme, jusqu’au sommet de l’Etat, de personnages et d’organisations profondément anticommunistes. Ce n’est pas grave. Tant mieux peut-être.

L’engagement d’Henri Alleg dans la guerre d’indépendance du peuple algérien après 1954 découlait naturellement des positions et de l’action anticolonialistes du Parti communiste algérien. La réaction colonialiste connaissait l’un de ses pires ennemis. Elle ne manqua pas d’interdire en 1955 le PCA et le journal Alger Républicain dont Henri Alleg était directeur.

Pourchassé, arrêté en 1957, Henri Alleg subit le sort réservé à tous les patriotes et combattants anticolonialistes algériens.

Comme beaucoup de héros de toutes origines, il résiste et ne parle pas sous la torture. Comme un certain nombre, au gré des circonstances, il n’est pas assassiné, comme si tristement son camarade Maurice Audin.

Doté d’une détermination intacte, d’une la plume exceptionnelle de militant journaliste, il parvient à écrire et faire sortir du bagne les feuillets de « la Question », transmis et retranscrits en France par sa femme Gilberte, décédée il y a deux ans et indissociable, dans l’hommage communiste, au souvenir d’Henri.

Tous les engagements particuliers, précieux et féconds en eux-mêmes, d’Henri Alleg sont inclus dans l’engagement communiste global qui l’a animé et renforcé.   

Ses écrits contre la torture sont toujours d’actualité, toujours repris. Elle reste pratiquée partout dans le monde, et est même légalisée par les Etats-Unis.

Henri Alleg et ses camarades du PCA se sont dressés contre le racisme. Il représentait le système d’exploitation du peuple algérien, dans toutes ses composantes, pour le colonialisme, comme il reste une arme de division des travailleurs.

Ils ont combattu fondamentalement le colonialisme, bien identifié comme une forme historique de l’impérialisme et du capitalisme.

Ils ont combattu l’impérialisme et le capitalisme armés de la perspective de révolution socialiste, de l’exemple d’octobre 1917, de la théorie marxiste-léniniste.

Tout cela a composé un tout.

L’action d’Henri, dans les années 40 et au début des années 50, à la tête de Jeunesse communiste algérienne, dans le PCA, avec l’instrument unique qu’était en parallèle Alger républicain est exaltante et exemplaire.

Dans les conditions si spéciales, si dures, de la colonisation en Algérie, les camarades du PCA font le choix courageux et nécessaire d’aller vers toutes les composantes de la classe ouvrière, vers les plus exploitées, des docks aux mines, aux exploitations d’alfa, d’organiser leur colère et leurs luttes. Cela à contre-courant de tout, même de préjugés répandus en interne.  

Après l’indépendance, les forces nationalistes bourgeoises algériennes arrivant au pouvoir, prêtes à une forme de socialisme non marxiste ne sont pas disposées à laisser de place au PCA, même à un héros de la notoriété d’Henri Alleg. Il doit quitter son pays d’adoption en 1965, tout en continuant à militer au PAGS, successeur du PCA et jusqu’au bout aux côtés de ses camarades algériens.

En France, il adhère au PCF. L’Humanité, organe central du Parti, a recours à sa plume. Il en devient secrétaire général. Il multiplie les articles de grand reporter, rédige plusieurs livres notamment sur les Etats-Unis, la Chine. Il demeure plus que jamais un militant, en France avec toujours un œil de l’autre côté de la Méditerranée.

Sa conviction et son expérience l’ont conduit à exprimer ses désaccords avec les abandons théoriques successifs du PCF à partir des années 70 puis à s’inscrire ouvertement dans l’opposition au processus liquidateur engagé après le sabotage gorbatchévien de l’URSS. Il a toujours refusé de jeter le bébé avec l’eau du bain et l’a dit publiquement, de plus en plus fort à partir des années 90 quand il participe à l’organisation des communistes pour continuer notre Parti.

Toute la vie de militant communiste internationaliste d’Henri Alleg a été empreinte d’une forte cohérence, quelle que soit le pays et l’époque.

Son passé héroïque et célébré fait taire, du moins édulcore les critiques de nos adversaires de classe. En fait peut-être pas tant en réalité que son absence de dogmatisme, son honnêteté intellectuelle, sa conviction et sa force de conviction. Ces qualités étaient inséparables de sa modestie.

Ce sont elles en tout cas qui continueront à inspirer et nourrir notre engagement et nos combats dans un mouvement communiste où Henri Alleg aura joué un grand rôle!

Nous adressons nos condoléances les plus attristées à toute sa famille, à ses camarades algériens du PADS, à ses compagnons d’Agir contre le colonialisme aujourd’hui, à tous les communistes qui l’estimaient.

Les obsèques auront lieu au funérarium du Père Lachaise, lundi 29 juillet 2013, à 10h30.

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Lundi 17 juin 2013 1 17 /06 /Juin /2013 13:06

« Le camp des oliviers » - William Sportisse dans le 15ème

 

Nous aurons la chance de pouvoir échanger avec William Sportisse le mardi 25 juin 2013. Il a bien voulu répondre à notre invitation, ainsi qu’à celle des JC du 15ème.  

130616_sportisse.jpg La publication de ses entretiens avec un universitaire, sous le titre « Le camp des oliviers », est l’occasion de revenir sur l’histoire du mouvement communiste international à partir d’une expérience singulièrement riche. William Sportisse entre au Parti communiste algérien en 1940. Sa prise de conscience part des conditions de la classe ouvrière à Constantine, de l’expérience de son frère, Lucien, fusillé par la Gestapo à Lyon en 1944.

William deviendra dirigeant de la jeunesse communiste algérienne et du PCA, dévoué au combat de classe en Algérie, à la lutte anticolonialiste et anti-impérialiste, à la construction de l’Algérie nouvelle après la libération nationale, puis sous la répression qui a suivi le coup d’Etat de Boumédiène en 1965. Il est obligé de quitter l’Algérie en 1994. Son histoire croise évidemment en permanence celle du PCF. Elle connaît toutes les évolutions communistes internationales.   

Plus que jamais, William Sportisse, comme il nous l’a montré dans plusieurs initiatives politiques communes récentes, est communiste, marxiste-léniniste.

Sa trajectoire, sa personnalité, son analyse sont un défi pour les anticommunistes, comme pour les révisionnistes de l’histoire communiste, les contempteurs de l’organisation communiste née au 20ème siècle.

Elles sont une source de dynamisme pour les militants communistes de demain.

Sur invitation – nombre de places limitées – renseignements au 01 48 28 60 05

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Vendredi 31 mai 2013 5 31 /05 /Mai /2013 18:34

Héritage du CNR : Les élèves du lycée Buffon ont eu droit à des cours d’histoire vivante

Pcf Paris 15, le 29 mai 2013

Il s’en est passé des choses le 27 mai 2013 devant le lycée Buffon dans le 15ème.

Ce n’est pas tous les jours que le lycée est défendu par autant de forces de l’ordre.

Ce n’est pas tous les jours que les lycéens assistent sous leurs fenêtres à un grand match de catch.

C’est certainement la première fois que les plus progressistes d’entre eux (parmi lesquels nos jeunes camarades) sont supporters des … CRS ! Il faut dire qu’en face manifestaient une centaine de provocateurs, extrémistes de droite, au nom de l’opposition au « mariage pour tous ».

130531_buffon_hollande.jpg L’occasion de ce petit événement a été la venue, discrètement annoncée, du Président François Hollande au lycée pour la célébration du 70ème anniversaire de la création du Conseil national de la Résistance, le CNR.

Le lieu a été choisi en hommage aux cinq martyrs du lycée Buffon, ces cinq jeunes résistants fusillés il y a 70 ans aussi, auxquels il convient d’associer la mémoire de leur inspirateur, professeur au lycée, sauvagement assassiné par les Nazis en 1944, Raymond Burgard.

C’est peu de dire que les lycéens devront approfondir et débrouiller ce qu’ils ont entendu et vu par des lectures et avec leurs enseignants d’histoire-géo.

François Hollande, qui avait invité plusieurs vétérans de la Résistance, a certes joué au prof devant les media et un parterre d’élèves de 1ère. Mais sa leçon a été voulue superficielle et imprécise, loin d’expliquer le sens et les résultats de la constitution du CNR. Quelques mots consensuels la structuraient : « Liberté », « antiracisme », « confiance en l’avenir »…

Surtout du CNR, Hollande n’a voulu retenir que  « l’unité » nationale. « Ceux qui représentaient les élites et ceux qui représentaient les milieux populaires voulaient ensemble une France plus juste ».

Chez Hollande, comme chez bien d’autres, cette recomposition de l’histoire du CNR n’est pas innocente quand l’idéologie dominante vante l’unité nationale face à la crise. En mars dernier, les sénateurs ont voté à la quasi-unanimité une proposition de loi instaurant le 27 mai comme journée national de commémoration.

Pourtant ce sont les mêmes parlementaires, leurs gouvernements successifs qui s’appliquent méthodiquement à démanteler, sous l’égide de l’Union européenne, les acquis sociaux et démocratiques inspirés à la Libération par le programme du CNR : sécurité sociale, grands monopoles publics, statut des fonctionnaires…

Le CNR a représenté la coordination réelle et effective des organisations de résistance pour la libération du pays. Dans ce combat contre l’envahisseur, on peut réellement parler « d’unité ». Le CNR a été une alliance. D’un côté s’est retrouvée une partie de la bourgeoisie, dont d’authentiques patriotes, qui, à partir d’un moment ou un autre, de Gaulle dès le départ, a refusé la mise sous tutelle allemande de l’impérialisme français puis, pour d’autres plus tard, a compris que l’Allemagne perdrait la guerre.

De l’autre côté s’est retrouvée la principale force de la résistance intérieure, représentante de la seule classe sociale qui n’a pas trahi en tant que classe, la classe ouvrière : le PCF.

Le programme du Conseil national de la Résistance est le résultat d’un compromis. Il a été rédigé pour préparer les conditions du retour à l’indépendance et le relèvement du pays. Il ne s’agit plus là d’un combat commun, comme celui de la lutte armée pour la libération, mais de l’expression d’intérêts de classe toujours aussi contradictoires mais dans un contexte qui a fortement changé en quelques années.

En 1943,44,45, le patronat, les possédants sont disqualifiés dans le pays par leurs responsabilités écrasantes dans la défaite de 1940, leur adhésion large à Pétain et à la collaboration. Les retournements de veste sont trop tardifs. De Gaulle peut certes s’appuyer sur les impérialismes américain et britannique pour prévenir une révolution prolétarienne en France mais ceux-ci lorgnent aussi sur les beaux restes de l’impérialisme français.

De son côté, la classe ouvrière est considérablement renforcée dans ses intérêts par sa forte mobilisation, ses terribles sacrifices dans la résistance, par son outil syndical réunifié, la CGT, par l’autorité de son parti d’avant-garde, le PCF, le Parti des fusillés. Il est frappant de constater combien le programme du CNR reprend les analyses de l’appel de Thorez et Duclos du 10 juillet 1940, loin de l’appel à l’armée et à l’Empire coloniale de De Gaulle le 18 juin.

Les victoires, l’héroïsme, les sacrifices, dans la lutte antifasciste, donnent à l’URSS, patrie du socialisme, un prestige immense qui irrigue et renforce les militants ouvriers du monde entier.

Le programme du CNR est le compromis issu de ce nouveau rapport de force, aussi bien dans ses orientations les plus progressistes allant jusqu’à l’affirmation de la nécessité de « l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie », que dans ses limites.

Dans la commémoration du CNR, il est complètement erroné et même trompeur de cultiver, hors contexte, la nostalgie d’une « unité nationale », « interclassiste », englobant une bourgeoisie gaulliste, faisant fi des oppositions de classe fondamentale. Allez trouver une ligne du général de brigade sur la retraite des vieux travailleurs avant 1940 !

Les conquêtes de la Libération ont pris appui sur le programme du CNR, vite réduit. Mais elles ont été obtenues avant tout par la mobilisation des travailleurs animés par la CGT et le PCF.

Dès que le rapport de force se dégrade, les acquis sont remis en cause. Dans le climat de guerre froide, PCF et CGT les défendent par des luttes très dures. Et chaque ancien résistant  retrouve son point de vue de classe d’origine et ses anciennes fidélités politiques.

Le CNR n’a rien d’un modèle politique dans la France et la situation européenne d’aujourd’hui !  

Evidemment, il n’était pas question d’attendre de François Hollande une analyse telle que la nôtre, même tracée à gros traits. Et on comprend sa timidité vu sa politique actuelle…

La manifestation des groupes nationalistes, au prétexte du « mariage pour tous » souligne encore davantage le souci de la bataille de l’histoire. Scandaleusement, ces héritiers du régime rétrograde, antipopulaire de la collaboration, n’ont pas hésité à reprendre à leur compte l’œuvre du CNR, ce que fait régulièrement le FN.

L’importance de ne pas réduire le contenu et les acquis, ni d’exagérer la forme du CNR et de son programme, est encore plus impérieuse.

Les lycéens de Buffon n’auront pas sans doute l’occasion de réviser l’histoire des CRS. Ce corps aussi est une réalisation de la Libération. Mais rapidement, l’Etat bourgeois consolidé a réussi à en exclure les éléments démocratiques, les communistes, pour en faire après 1947 l’instrument de répression que l’on sait.

Les gouvernements n’en n’ont pas encore fini, pour le compte du capital, avec la Sécurité sociale, les nationalisations, les statuts des travailleurs…

Dans les luttes qui s’annoncent, la force de l’organisation révolutionnaire des travailleurs sera déterminante pour renverser le rapport de force, comme celle qui, pendant la dure période de guerre, a permis les avancées du CNR.  

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